Categories : Articles

Doggy bag en restauration : obligation légale, règles et solutions pratiques

Chaque année en France, la restauration commerciale génère environ 900 000 tonnes de déchets alimentaires, soit près de 10 % des pertes liées auxdenrées au niveau national. Face à ce constat alarmant, le législateur a imposé aux professionnels de la restauration de proposer un emballage à emporter à leurs clients qui souhaitent emporter les restes de leur repas. Depuis le 1er juillet 2021, cette mesure est une obligation légale et non plus une simple recommandation. 

En résumé : 

  • Le doggy bag est obligatoire dans tous les restaurants et débits de boissons à consommer sur site depuis juillet 2021. 
  • Le professionnel doit mettre à disposition un contenant réutilisable ou recyclable. 
  • Il peut le facturer sous conditions, mais reste libre de refuser l'emport pour certaines préparations sensibles sur le sanitaire.

Cet article vous guide pas à pas : cadre juridique, exceptions, choix de la solution d’emport adaptée aux produits comestibles, organisation du service et valorisation de votre démarche anti-gaspi auprès de votre clientèle.

L'obligation légale du doggy bag depuis juillet 2021

Le texte qui rend le doggy bag obligatoire

C'est la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018, dite loi EGAlim, qui a introduit cette obligation dans son article 62. Cette mesure a été codifiée à l'article L.541-15-7 du code de l'environnement. Entrée en vigueur au 1er juillet 2021, elle impose à tout établissement de restauration commerciale de mettre à disposition de ses clients un contenant réutilisable ou recyclable permettant d'emporter les produits non consommés ou boissons non consommés sur site. 

Le texte s'inscrit dans la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (loi AGEC de 2020), qui a renforcé les mesures existantes. L'objectif est clair : réduire les denrées alimentaires jetées en fin de service en responsabilisant à la fois le professionnel de la restauration et le convive. 

Les établissements concernés et les exceptions

Sont visés par l'obligation : 

  • Les restaurants traditionnels, bistrots et brasseries 
  • Les débits de boissons à consommer sur place qui servent des produits à manger 
  • Les établissements de restauration commerciale en général (crêperies, pizzerias, adresses gastronomiques, etc.) 

Quelques exceptions existent néanmoins :

  • Buffets à volonté : le client a déjà la possibilité de se servir librement, ce qui change la logique de la mise à disposition.
  • Récipients consignés : lorsque le système de consigne est déjà en place, l'obligation est considérée comme remplie.
  • La restauration collective (cantines d'entreprise, scolaires) n'est pas directement concernée par les mêmes mesures, même si des actions spécifiques de lutte contre le gaspillage alimentaire s'y appliquent également.

Offrir ou facturer le contenant

Le restaurateur peut choisir d'offrir la boîte d’emport ou de la facturer. Toutefois, la facturation n'est possible que si l'information est communiquée au préalable et de manière claire, par exemple sur la carte, le menu ou un affichage visible en salle.

En pratique, la grande majorité des professionnels en France choisissent d'offrir cette solution d’emport. Le coût unitaire d'une barquette recyclable est souvent inférieur à 0,30 €, ce qui reste négligeable au regard de la valeur des denrées alimentaires qui seraient autrement jetées  et du bénéfice d'image que cela procure.

Les cas où vous pouvez refuser un doggy bag

Les plats à risque sanitaire

L'obligation de proposer un doggy bag ne l'emporte pas sur la sécurité alimentaire. Certains plats présentent un risque sanitaire trop élevé pour être emportés sans maintien strict de la chaîne du froid :

  • Tartares et carpaccios de viande ou de poisson
  • Sushis et sashimis
  • Préparations à base d'œufs crus (mousse au chocolat, tiramisu maison, mayonnaise artisanale)
  • Tout plat dont la température de conservation ne peut être garantie

Le refus est légitime et doit être présenté au convive de manière transparente. Précisez que la décision vise à protéger sa santé. La plupart des consommateurs comprennent parfaitement cette précaution lorsqu'elle est présentée avec professionnalisme. 

Accepter le contenant apporté par le client

Un client peut se présenter avec son propre contenant (boîte hermétique, bocal en verre). Le professionnel n'a aucune obligation d'accepter ce récipient. Il peut le refuser pour des raisons d'hygiène, notamment s'il ne peut pas vérifier sa propreté. Si vous choisissez de l'accepter, précisez que la responsabilité revient alors au client en ce qui concerne la conservation.

Qui est responsable une fois le client parti

C'est un point essentiel : dès lors que le client quitte l'établissement avec son repas à emporter, la responsabilité de la conservation des aliments lui incombe entièrement. Le restaurateur n'est plus tenu responsable d'un éventuel problème sanitaire lié à une mauvaise conservation après remise de la boîte. Il est toutefois recommandé d'informer le client sur les bonnes pratiques de conservation (nous y reviendrons plus bas). 

Choisir entre contenant réutilisable et contenant recyclable

Estimer le nombre de demandes dans votre établissement

Avant d'investir, commencez par évaluer la demande réelle. En France, les études montrent qu'environ 20 à 30 % des clients demandent une boîte pour emporter les restes lorsqu'elle est proposée de manière visible. Ce taux varie fortement selon le type de cuisine, la taille des portions et le profil de la clientèle.

Tenez un comptage sur un mois pour obtenir une base fiable. Un établissement servant 80 couverts par jour peut s'attendre à 15-25 demandes quotidiennes. Ces chiffres vous aideront à dimensionner votre stock de contenants.

Comparer le coût des deux options sur un an

Le choix entre contenants réutilisables et solutions recyclables dépend de plusieurs facteurs :

  • Emballage recyclable : coût unitaire faible, aucun retour à gérer, empreinte écologique variable selon le matériau. 
  • Solution réutilisable : investissement initial plus élevé, mais amortissable sur des dizaines d'utilisations. Nécessite un système de retour et un lavage conforme aux normes d'hygiène. 

Pour un établissement traitant 500 demandes par mois, le coût annuel en contenants recyclables se situe entre 900 € et 3 000 €. Un système réutilisable avec consigne peut revenir moins cher sur deux ans, à condition d'atteindre un taux de retour supérieur à 80 %. Pour approfondir ce comparatif, consultez notre analyse complète : réutilisable ou recyclable, que faut-il privilégier ? 

Récupérer les contenants réutilisables

Si vous optez pour le réutilisable, mettez en place un circuit de retour simple : 

  • Consigne intégrée à l'addition (1 à 3 €), remboursée au retour du contenant 
  • Bac de collecte visible à l'entrée de l’établissement 
  • Partenariat avec un prestataire de lavage si vous n'avez pas la capacité en interne 

Découvrez notre gamme de contenants réemployables conçus pour la restauration et adaptés au lavage intensif.

Adapter le contenant au type de plat

Tous les contenants ne conviennent pas à tous les plats. Un mauvais choix entraîne des fuites, une dégradation de la présentation et une mauvaise expérience pour le convive. 

Les plats en sauce et les préparations chaudes

Les plats en sauce exigent un contenant parfaitement étanche avec un couvercle hermétique. Les barquettes alimentaires à fermeture clipsée ou thermoscellée sont idéales. Privilégiez des matériaux résistants à la chaleur si le plat est encore chaud au moment du conditionnement. Les contenants en bagasse de canne à sucre ou en carton kraft laminé offrent un bon compromis entre étanchéité et éco-responsabilité.

Les portions sèches, desserts et pâtisseries

Pour les plats secs (quiches, tartes, pièces de viande grillée) ou les desserts (parts de gâteau, pâtisseries individuelles), des boîtes et contenants rigides avec calage intérieur permettent de préserver l'intégrité du produit. Une boîte trop grande provoque des mouvements qui abîment la présentation ; choisissez des formats adaptés à la portion. 

Le sac de transport

Le contenant seul ne suffit pas. Un sac de transport solide et adapté facilite le déplacement et limite les risques de renversement. Les sacs en papier kraft avec fond renforcé sont une solution utile, économique et recyclable.

Type de plat 

Contenant adapté 

Point de vigilance 

Plats en sauce (curry, blanquette, risotto) 

Barquette étanche à couvercle clipsé 

Vérifier l'étanchéité avant remise au client 

Viandes grillées, quiches, portions sèches 

Boîte rigide avec calage 

Adapter la taille au volume réel de la portion 

Desserts et pâtisseries 

Boîte pâtissière ou contenant compartimenté 

Éviter l'écrasement pendant le transport 

Pizzas, galettes, crêpes 

Boîte plate type pizza ou papier alimentaire 

Prévoir une ventilation pour éviter la condensation 

Boissons non consommées (vin entamé) 

Bouchon hermétique ou carafe à emporter 

Respecter la réglementation sur la vente d'alcool à emporter 

Organiser la remise de l’emballage à emporter en fin de service

Stocker les contenants à portée de la salle

Une demande d’emport des restes en fin de repas ne doit pas rallonger l'attente du client. Stockez vos contenants dans un endroit accessible rapidement, idéalement entre la salle et la cuisine : un meuble de service, une desserte ou un tiroir dédié. Prévoyez plusieurs tailles pour couvrir les situations les plus courantes. 

Décider qui emballe, la salle ou la cuisine

Deux approches sont possibles :

  • Conditionnement en cuisine : le serveur rapporte l'assiette en cuisine où un membre de la brigade transfère les restes dans le contenant. Avantage : meilleure maîtrise de la présentation et de l'hygiène. Inconvénient : cela mobilise du temps en cuisine pendant le coup de feu.
  • Conditionnement en salle : le serveur emballe directement devant le client. Avantage : rapidité, transparence. Inconvénient : nécessite de former le personnel de salle et d'avoir les contenants à portée de main.

Dans les faits, la plupart des restaurants à service traditionnel optent pour le conditionnement en cuisine, tandis que les adresses plus décontractées privilégient la salle. Testez les deux formules et conservez celle qui perturbe le moins votre flux de service.

Informer le client sur la conservation

La responsabilité du restaurateur s'arrête à la remise du plat à emporter, mais un bon conseil renforce la confiance du consommateur. Indiquez systématiquement : 

  • Réfrigérer dans les deux heures suivant la remise 
  • Consommer dans les 24 heures 
  • Réchauffer à cœur (minimum 63 °C) avant dégustation 

Certains établissements impriment ces consignes directement sur la boîte ou glissent un petit carton à l'intérieur du sac. C'est une méthode simple qui professionnalise votre démarche et protège votre image.

Valoriser votre solution d’emport auprès de vos clients

Annoncer l’emport des restes sur votre carte

Ne comptez pas uniquement sur la demande spontanée du client. Mentionnez la possibilité d’emporter les restes directement sur votre carte ou votre menu, avec une phrase courte : « Vos restes méritent une seconde vie : demandez votre boîte à emporter à votre serveur. »

Selon une étude de l'ADEME publiée en 2023, les restaurants qui affichent clairement la possibilité d'emporter les restes constatent une augmentation de 40 % des demandes par rapport à ceux qui attendent que le client en fasse la requête. C'est un levier efficace contre le gaspillage des denrées qui ne coûte rien.

Personnaliser l’emballage qui repart chez le client

Le doggy bag est un support de communication qui sort de votre restaurant et entre au domicile du client. Profitez-en ! Un emballage personnalisé avec votre logo, vos coordonnées ou un QR code vers votre carte renforce la mémorisation de votre enseigne. 

La personnalisation est accessible même en petites quantités. Découvrez nos conditions de personnalisation pour adapter vos emballages à l'identité visuelle de votre établissement. 

Le doggy bag n'est plus une curiosité importée des États-Unis : c'est une obligation légale en France qui s'inscrit dans une démarche globale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Pour les restaurateurs, c'est aussi une opportunité de renforcer leur image responsable, de fidéliser leur clientèle et de maîtriser leurs coûts matière. En choisissant les bons contenants, en organisant efficacement la remise en fin de service et en communiquant de manière proactive, vous transformez cette contrainte réglementaire en véritable avantage concurrentiel.

Prenez le temps d'évaluer vos besoins, testez différents formats et n'hésitez pas à explorer notre gamme de contenants réemployables pour trouver la solution la plus adaptée à votre établissement.

FAQ

Le doggy bag est-il vraiment obligatoire dans tous les restaurants en France ?

Oui. Depuis le 1er juillet 2021, tous les établissements de restauration commerciale et les débits de boissons à consommer sur place doivent proposer un contenant réutilisable ou recyclable à la demande du client. Les buffets à volonté et les systèmes sous consigne font partie des rares exceptions. Cette obligation est inscrite à l'article L.541-15-7 du code de l'environnement.


Un restaurateur peut-il refuser de fournir un doggy bag pour certains plats ?

Oui, le refus est légitime pour les plats présentant un risque sanitaire élevé : tartares, carpaccios, sushis, préparations à base d'œufs crus. Le restaurateur doit expliquer clairement la raison au client. La sécurité alimentaire prime sur l'obligation de mise à disposition.


Faut-il choisir des contenants réutilisables ou recyclables pour le doggy bag ?

Les deux options sont autorisées par la loi. Les contenants recyclables sont moins chers à l'achat et ne nécessitent aucune logistique de retour. Les contenants réutilisables coûtent plus cher à l'unité mais sont rentables à long terme si le taux de retour dépasse 80 %. Le choix dépend du volume de demandes, de votre budget et de vos engagements environnementaux. Consultez notre comparatif pour faire le bon choix : réutilisable ou recyclable, que faut-il privilégier ?


Qui est responsable si le client tombe malade après avoir consommé un doggy bag ?

La responsabilité du restaurateur cesse au moment où le doggy bag est remis au client. Ce dernier est alors responsable du respect de la chaîne du froid et de la bonne conservation des aliments. Il est toutefois recommandé d'informer le consommateur des consignes de conservation (réfrigération sous 2 heures, consommation sous 24 heures).


Comment encourager les clients à utiliser le doggy bag au restaurant ?

Affichez clairement la possibilité d'emporter les restes sur votre carte ou menu. Formez votre personnel à proposer le doggy bag de manière naturelle en fin de repas. Personnalisez vos contenants avec le logo de votre restaurant pour en faire un outil de communication. Les restaurants qui adoptent cette approche proactive constatent jusqu'à 40 % de demandes supplémentaires.