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Lancer une offre de vente à emporter dans son restaurant : le guide

En 2026, la vente à emporter représente environ 40 % du chiffre d'affaires de la restauration rapide en France, et cette part ne cesse de progresser dans la restauration traditionnelle. Que vous soyez un restaurateur établi ou en phase de lancement, proposer une offre de vente à emporter est devenu un levier de croissance incontournable. Mais attention : improviser cette activité peut dégrader l'expérience client, grignoter vos marges et même poser des problèmes réglementaires.

Ce guide vous accompagne étape par étape, de l'étude de marché à l'analyse de vos premiers résultats, en passant par le choix des emballages, la fixation des prix et les obligations légales. L'objectif : vous donner une méthode claire pour que votre activité de vente à emporter soit rentable dès les premières semaines.

En résumé, lancer la vente à emporter dans son restaurant demande une vraie préparation

  • Analyser la demande locale : vérifier qu'un marché existe dans votre zone et repérer les créneaux que personne ne couvre. 

  • Adapter sa carte au transport : ne garder que les plats qui tiennent le trajet, testés en conditions réelles. 

  • Chiffrer le coût des emballages : additionner tous les composants d'une commande avant de fixer vos prix. 

  • Respecter la réglementation : statut, licence, TVA, étiquetage et règles sur les contenants.

Vérifier qu'il y a un marché à emporter autour de votre restaurant

Avant d'investir le moindre euro, il est essentiel de confirmer que la demande existe réellement dans votre zone de chalandise. Une étude de marché, même simplifiée, vous évitera de lancer une offre qui ne trouve pas son public.

Analyser l'offre concurrente de votre quartier

Commencez par recenser tous les acteurs qui proposent déjà de la vente à emporter dans un rayon de 500 mètres : restaurants, boulangeries, traiteurs, supermarchés avec des offres snacking. Pour chacun, notez :

  • Le type de cuisine et la gamme de prix 
  • Les créneaux horaires couverts (midi, soir, week-end) 
  • Les canaux de commande utilisés (comptoir, application, plateforme de livraison) 
  • Les avis clients sur Google et les réseaux sociaux 

L'objectif est de repérer les créneaux que personne ne couvre. Peut-être que le quartier regorge de sandwicheries mais manque d'une offre de plats chauds équilibrés le midi, ou qu'aucun concurrent ne propose de formules familiales à emporter le week-end. C'est dans ces vides que votre offre aura le plus d'impact.

Éviter que l'emporter prenne la place du sur-place

Un risque souvent sous-estimé : vous déplacez votre clientèle existante au lieu d'en conquérir une nouvelle. Si vos habitués commencent à commander à emporter plutôt que de s'asseoir, vous perdez potentiellement en panier moyen (pas de boissons, pas de dessert spontané) et en ambiance de salle.

Pour limiter ce phénomène, différenciez clairement les deux expériences. Proposez une carte à emporter légèrement différente, avec des plats pensés spécifiquement pour le transport. Vous pouvez aussi réserver certaines créations exclusivement au service en salle pour maintenir l'attractivité de la place assise.

Adapter votre carte aux contraintes du transport

C'est le point sur lequel la plupart des restaurateurs se trompent au départ. Ce qui est excellent dans l'assiette ne l'est pas forcément après vingt minutes dans un sac. Votre menu à emporter doit être conçu  et testé  pour le trajet.

Tester vos plats après vingt minutes de trajet

Préparez vos plats, fermez-les dans les contenants prévus, posez-les dans un sac et attendez vingt minutes. Puis goûtez. Vous découvrirez que :

  • La condensation ramollit les couvercles et détrempe les fritures 
  • Certaines sauces se séparent ou rendent de l'eau 
  • Les salades s'affaissent si l'assaisonnement est intégré 
  • Les textures croustillantes disparaissent presque systématiquement 

Ce test simple vous fera éliminer immédiatement les plats qui ne supportent pas le transport et vous orientera vers des recettes plus adaptées.

Réduire la carte au lieu de la dupliquer

Résistez à la tentation de proposer l'intégralité de votre carte en version à emporter. Une sélection de cinq à huit références qui tiennent parfaitement le trajet vaut infiniment mieux qu'une carte complète dégradée. Une offre courte présente aussi des avantages opérationnels : moins de préparations différentes, moins de contenants à gérer, moins de pertes. 

Pensez en formules : une entrée + un plat, ou un plat + un dessert.

Les formules augmentent le panier moyen et simplifient la gestion en cuisine.

Les plats qui supportent le mieux l'emporter

Certaines catégories de plats sont naturellement plus adaptées au transport :

  • Les bowls : poké bowls, buddha bowls, bowls de riz. Ils se transportent bien et gardent leur structure. 
  • Les plats mijotés : currys, tajines, chili. Ils se réchauffent facilement et gagnent même en saveur. 
  • Les formules à partager : plateaux apéritifs, mezze, planches. Idéaux pour le week-end. 
  • Les plats sous vide ou semi-préparés : le client finalise la cuisson chez lui, ce qui garantit la qualité. 

Pour garantir la qualité jusqu'à l'arrivée chez le client, le choix des contenants pour plats à emporter est déterminant. Chaque format de plat appelle un contenant spécifique : découvrez quels contenants choisir pour vos plats à emporter selon votre type de cuisine.

Chiffrer le coût d'emballage par commande avant de fixer vos prix

L'emballage est un poste de coût que beaucoup de restaurateurs découvrent trop tard. Il ne suffit pas de regarder le prix unitaire d'une barquette : il faut additionner tous les composants d'une commande complète.

Lister tous les composants d'une commande à emporter

Pour chaque commande type, listez :

  • Le contenant principal (barquette, boîte, bol) 
  • Le couvercle (parfois vendu séparément) 
  • Les couverts et kits (fourchette, couteau, serviette, sel/poivre) 
  • Le calage intérieur (séparateurs, papier kraft) 
  • Les sacs et solutions de transport
  • Les éventuels supports (porte-gobelets, intercalaires) 

Additionnez le tout pour obtenir un coût d'emballage par commande. En moyenne, ce coût se situe entre 0,80 € et 2,50 € par commande selon le niveau de gamme. Intégrez ce montant dans votre pricing dès le départ. Une marge qui semble correcte sur le plat seul peut fondre une fois l'emballage comptabilisé. 

Éviter le suremballage et les formats surdimensionnés

Utiliser un contenant trop grand pour la portion donne une impression de vide au client et augmente vos coûts inutilement. À l'inverse, un contenant trop petit comprime le plat et dégrade la présentation.

Standardisez deux ou trois formats de contenants qui couvrent l'ensemble de votre carte à emporter. Moins de références en stock signifie moins d'espace de stockage, des commandes fournisseur simplifiées et un meilleur prix à l'achat grâce aux volumes.

Régler les obligations légales avant la première commande

La vente à emporter est encadrée par une réglementation spécifique. Ne pas la respecter vous expose à des sanctions de la DDPP (direction départementale de protection des populations) et à des problèmes avec votre bail commercial.

Objet social, bail commercial et licence à emporter

Vérifiez d'abord que votre statut juridique et votre objet social autorisent la vente à emporter. Si votre entreprise est enregistrée uniquement pour la restauration sur place, une modification peut être nécessaire auprès de la chambre des métiers et de l'artisanat ou du greffe du tribunal de commerce.Votre bail commercial doit également autoriser cette activité. Certains baux restreignent l'usage du local à la restauration assise. Concernant la vente d'alcool à emporter, sachez qu'elle nécessite une licence de débit de boissons spécifique.

La vente de boissons alcoolisées à emporter relève de la licence à emporter (petite licence ou licence à emporter selon le degré d'alcool). La vente d'alcool à des mineurs est évidemment interdite et doit faire l'objet d'un affichage visible.

TVA, étiquetage et allergènes

La TVA applicable à la vente à emporter est de 10 % pour les plats destinés à une consommation immédiate, contre 20 % en salle pour les boissons alcoolisées. Vérifiez chaque catégorie de produits pour appliquer le bon taux.

Au moment de la remise, chaque contenant doit mentionner :

  • La dénomination du plat 
  • La liste des allergènes présents 
  • La date et l'heure limite de consommation si le plat est conservé au froid 
  • Les conditions de conservation recommandées 

La formation en hygiène alimentaire (HACCP) est obligatoire pour au moins un membre de votre équipe. Si ce n'est pas encore le cas, régularisez avant de lancer l'activité. Les normes sanitaires et d'hygiène et sécurité applicables à la production sont les mêmes que pour le service en salle.

L'erreur qui coûte cher

Appliquer un taux unique à toute la commande est l'un des points les plus contrôlés par l'administration fiscale. Facturer une salade froide à emporter (5,5 %) et une bière (20 %) au même taux, ou un plat chaud à emporter à 5,5 % au lieu de 10 %, expose à un redressement. En cas de doute sur un produit, vérifiez sa qualification avant de paramétrer votre caisse.

Les règles applicables aux contenants alimentaires

Depuis la loi AGEC et ses décrets d'application, les emballages alimentaires sont soumis à des obligations croissantes :

  • Aptitude au contact alimentaire : chaque contenant doit être certifié apte au contact avec les denrées
  • Consignes de tri : le logo Triman et les consignes de tri doivent figurer sur l'emballage ou être communiqués au client 
  • Obligations liées au réemploi : pour les établissements servant plus de 20 couverts, la vaisselle réemployable est obligatoire pour la consommation sur place depuis 2023. Pour l'emporter, les obligations de réemploi se renforcent progressivement 

Choisir votre mode de prise de commande

Le canal par lequel vos clients passent commande impacte directement votre marge, votre organisation et votre relation client.

Canal 

Commission 

Données clients 

Volume au démarrage 

Idéal pour 

Comptoir 

Aucune 

Non 

Limité aux passants/habitués 

Démarrer sans coût 

Téléphone 

Aucune 

Partielles 

Moyen 

Clientèle de bureau fidélisée 

Click & collect (site propre) 

Aucune 

Oui 

Progressif 

Fidéliser et maîtriser sa marge 

Plateformes (Uber Eats, Deliveroo…) 

~25-35 % 

Non 

Fort et rapide 

Acquérir de la visibilité au lancement 

Comptoir, téléphone ou click and collect

Le mode le plus simple reste la commande au comptoir : le client entre, commande, attend ou revient chercher. Zéro commission, mais un flux limité aux passants et aux habitués.

La prise de commande par téléphone fonctionne bien pour une clientèle de bureau fidélisée. Le click and collect via votre propre site ou une solution dédiée offre le meilleur compromis : le client commande à l'avance, vous préparez sans stress, et il récupère à l'heure prévue. C'est un canal direct, sans commission tierce, qui vous permet de collecter les données clients pour fidéliser.

Les commissions des plateformes de livraison

Les plateformes type Uber Eats, Deliveroo ou Just Eat prélèvent en moyenne entre 25 % et 35 % du montant de chaque commande. Ce chiffre peut absorber la totalité de votre marge si vos prix ne sont pas ajustés.

Ces plateformes apportent cependant de la visibilité et un volume de commandes que vous n'obtiendrez pas seul au démarrage. Utilisez-les comme un canal d'acquisition, pas comme votre canal principal. L'objectif à moyen terme est de convertir ces clients vers votre propre système de commande.

Ramener vos clients vers votre canal direct

Quelques tactiques efficaces :

  • Glisser un flyer dans chaque commande avec un code promo valable uniquement sur votre site
  • Proposer un programme de fidélité exclusif au click and collect 
  • Afficher clairement sur vos réseaux sociaux le lien vers votre propre page de commande 
  • Offrir un avantage concret : un dessert offert, des frais réduits, une portion plus généreuse 

Réorganiser la cuisine et la salle entre les deux services

Ajouter la vente à emporter à un restaurant existant signifie gérer deux flux simultanés. Sans organisation, la qualité du service en salle et de l'emporter se dégrade.

Aménager une zone de retrait des commandes

Idéalement, le retrait des commandes à emporter se fait dans un espace distinct de l'entrée de la salle. Si votre configuration ne le permet pas, délimitez au moins une zone d'attente visible, avec un présentoir ou une étagère où les commandes prêtes sont identifiées par nom ou numéro. Cela fluidifie le flux et évite que les clients à emporter ne bloquent l'accueil des clients sur place.

Anticiper les pics de commandes

Le créneau 12h-13h30 concentre généralement 70 à 80 % des commandes à emporter. Pour absorber ce pic sans ralentir la cuisine :

  • Assemblez les emballages à l'avance : contenants avec couvercles posés, kits couverts-serviette prêts, sacs ouverts.
  • Préparez des éléments en amont : bases de bowls, riz, sauces portionnées.
  • Dédiez un poste de la cuisine à l'assemblage des commandes à emporter si le volume le justifie.
  • Utilisez un écran ou un système de tickets dédié pour ne pas mélanger les commandes salle et emporter.

Stocker vos emballages

Les emballages prennent de la place. Prévoyez un espace de stockage dédié, sec et accessible depuis la zone de conditionnement.

Organisez le rangement par type : contenants, couvercles, sacs, couverts. Calculez votre consommation hebdomadaire après les deux premières semaines et commandez en conséquence pour éviter les ruptures sans encombrer votre réserve.

Communiquer sur votre nouvelle offre à emporter

Une offre qui existe mais que personne ne connaît ne génère aucun chiffre d'affaires. La communication doit démarrer avant même le lancement.

Mettre à jour votre fiche Google et vos réseaux

Votre fiche Google Business est souvent le premier contact entre un client potentiel et votre restaurant. Activez l'attribut « Vente à emporter » et « Click and collect » si disponible. Mettez à jour vos horaires spécifiques à l'emporter s'ils diffèrent de la salle. Ajoutez des photos de vos plats emballés  les clients veulent voir ce qu'ils vont recevoir.

Sur vos réseaux sociaux, annoncez le lancement avec une série de posts : teasing avant le jour J, coulisses de la préparation, premiers retours clients. Instagram et Facebook restent les canaux les plus efficaces pour les restaurateurs en local.

Utiliser vos emballages comme support de marque

Une fois que le client quitte votre restaurant avec sa commande, l'emballage est le seul support qui porte encore votre nom. Un sac kraft neutre est une occasion manquée. Un sac avec votre logo, vos couleurs et l'adresse de votre site de commande travaille pour vous à chaque trajet dans la rue, à chaque pause déjeuner au bureau.

La personnalisation ne se limite pas au sac : stickers sur les contenants, bandeaux imprimés, cartes de visite glissées dans la commande. Si vous souhaitez aller plus loin, découvrez-les conditions de personnalisation de vos emballages en restauration pour transformer chaque commande en outil marketing.

Suivre vos résultats et ajuster votre offre

Le lancement n'est que le début. Les premières semaines sont une phase de test grandeur nature. Suivez vos indicateurs de près pour ajuster rapidement.

Les indicateurs à suivre les premiers mois

Voici les métriques essentielles :

Indicateur 

Objectif 

Fréquence de suivi 

Nombre de commandes à emporter / jour 

Mesurer la montée en charge 

Quotidien 

Panier moyen à emporter 

Comparer avec le panier moyen en salle 

Hebdomadaire 

Part de l'emporter dans le chiffre d'affaires total 

Viser 15-25 % à 3 mois 

Mensuel 

Coût emballage réel par commande 

Rester sous 8-10 % du prix de vente 

Mensuel 

Taux de commandes via canal direct vs plateformes 

Augmenter progressivement le direct 

Mensuel 

Avis clients mentionnant l'emporter 

Détecter les problèmes récurrents 

Continu 

Les ajustements les plus courants après un mois

Après quatre à six semaines, les restaurateurs constatent généralement les mêmes points d'amélioration :

  • Réduction de la carte : certains plats ne se vendent pas ou posent des problèmes de transport récurrents. Retirez-les sans hésiter.
  • Ajustement des prix : si votre marge réelle est inférieure à vos prévisions, augmentez légèrement les prix à emporter ou révisez vos formats d'emballage.
  • Modification des horaires : certains créneaux ne génèrent pas assez de commandes pour justifier la mobilisation de l'équipe. Concentrez-vous sur les pics.
  • Optimisation du parcours client : si les clients se plaignent de l'attente, revoyez votre processus d'assemblage ou introduisez la commande à l'avance.

Enfin, n'oubliez pas de rédiger un business plan prévisionnel spécifique à votre activité de vente à emporter si vous envisagez un investissement significatif (aménagement d'une zone de retrait, achat de matériel, développement d'un site de commande). Cela vous permettra de valider la rentabilité avant d'engager des dépenses importantes.

FAQ

Faut-il réaliser une étude de marché avant de lancer la vente à emporter ?

Oui. Analysez l'offre concurrente de votre quartier (restaurants, boulangeries, traiteurs) et identifiez les créneaux non couverts. Cela vous évitera de lancer une offre redondante et vous permettra de positionner votre carte là où la demande existe réellement.

Comment adapter sa carte pour la vente à emporter ?

Testez chaque plat après vingt minutes dans son contenant fermé. Réduisez votre carte à cinq à huit références qui supportent bien le transport : bowls, plats mijotés, formules à partager. Une carte courte et maîtrisée vaut mieux qu'une carte complète dégradée.

Quelles obligations légales pour la vente à emporter en restaurant ?

Vérifiez votre statut juridique, votre bail commercial et obtenez la licence à emporter si vous vendez de l'alcool. Respectez les règles d'étiquetage (allergènes, dénomination, conservation), la TVA à 10 % sur les plats à consommation immédiate, et assurez-vous qu'un membre de l'équipe dispose de la formation en hygiène alimentaire.

Faut-il passer par une plateforme de livraison ou privilégier le click and collect ?

Les plateformes (Uber Eats, Deliveroo) prélèvent 25 à 35 % de commission mais apportent de la visibilité. Utilisez-les comme canal d'acquisition au démarrage, puis ramenez progressivement vos clients vers votre propre système de commande (click and collect, téléphone) pour maximiser vos marges.